Bienvenue Invité dans le Skyline
AFTERLIFE fête ses 1 an !
Venez découvrir les résultats du Gala Award 2012
Inscription pour le topic de groupe ici
Statistique du forum et commentaires des membres après un an d'ouverture ici

Partagez | 
 

 When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Caleb Landsher
Monsieur Parfait
22 janvier 1977 - 14 août 2011
JE SUIS : Masculin J'AI : 29
ENTERRÉ LE : 14/08/2011
PROCHES EN DEUILS : 1478
AVATAR : Henry Cavill


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Sam 28 Avr 2012 - 10:09

Le retour à Skyline ne s'était pas fait sans un peu de réticence, mais il avait bien fallu rejoindre cette maudite civilisation cosmopolite de mort-vivants dénués de sagesse. A son arrivée, Caleb s'était fait discret. Le tremblement de terre avait fait des dégâts. La ville n'avait aucune règlementation anti-sismique, apparemment ; une autre improbabilité monstrueuse, qui prouvait à quel point on pouvait délaisser les risques et la communauté dès qu'on savait qu'on ne mourrait pas vraiment, même dans le pire des cas.
Caleb avait peur de la mort, de l'oubli. Il avait peur de perdre tout ce qui faisait de lui ce qu'il était, et il refusait de laisser d'autres souffrir par négligence. La négligence et l'inconscience, voilà deux facteurs qui avaient emporté bien des personnes et failli lui coûter sa première mort, il y avait des mois de cela. L’Écossais en gardait le souvenir vivace, des cicatrices qui le répugnaient, et une rancœur sans limite. Heureusement, il savait que Len, elle, n'avait pas souffert. Dans sa tentative désespérée, il avait permis à celle qu'il aimait de s'en tirer sans mal. Même s'il faisait tout pour l'oublier, elle, il ne regrettait rien.

De cette expérience était pourtant né quelque chose, un petit livre de deux-cent pages qui mettait le feu à Skyline, son administration, mais aussi ses administrés. Un pamphlet sans douceur qui mettait à nu les négligences du système du monde des morts en matière de sécurité, et l'attitude complètement désaxée et illusoirement héroïque de ses habitants. Ce n'était pas parce qu'on ne pouvait pas mourir physiquement qu'on ne pouvait mourir. Cette journée avait été un désastre, mais aussi un scandale. Personne n'aurait dû laisser ce fou errer si longtemps. Dans le monde où Caleb avait été flic, ce genre de détraqué est sous surveillance et ne pourrait pas prendre ainsi en otage un centre commercial. C'était triste à dire, mais Big Brother avait parfois du bon. Dans l'homme qui avait failli le faire disparaître ce jour-là, il avait reconnu l'image, en pire, de celui qui l'avait tué la première fois. Caleb avait une certitude à ce jour : il ne pourrait pas mourir d'une mort paisible, ses morts étaient à l'image de sa vie : violentes, cruelles et sans lucre.

Aujourd'hui, il se fichait pas mal d'éviter le pire à tous, tant qu'il pouvait l'éviter pour lui et ceux qu'il aimait. D'ailleurs, aimait-il vraiment quelqu'un ? Il avait de sérieux doutes, ces temps-ci, mais il savait qu'il était attaché à quelques personnes. C'était déjà ça, on pouvait se contenter de soi-même, mais on ne pouvait pas vivre seul.
L'éditeur lui avait néanmoins dit de se montrer sous un jour plus humaniste. Caleb n'était pas sûr de savoir ce que humaniste voulait dire pour cet homme, c'était l'exemple typique du mot à s'approprier pour y mettre n'importe quoi dedans. Néanmoins, il avait compris le message. Si on lui demandait s'il détestait Skyline, il devait sourire et répondre qu'il voulait que Skyline réagisse, qu'il ne voulait que le meilleur pour les gens qui y vivaient leur mort. On faisait difficilement mensonge plus total, mais, apparemment, il était doué pour mentir.

La librairie où il se rendait avait été remise en état. Elle était dans un quartier plutôt épargné. Le Books Paradise était en période creuse, mais la grande saison commençait avec le printemps. Les étals étaient pleins de nouveauté, mais une de ces nouveautés étaient à l'honneur :


SKYLINE, QUAND LA MORT NE FAIT PLUS RECETTE
Un ancien policier dénonce un système
qui renie l'instinct de survie.

C'était plutôt simpliste, mais ça faisait recette ... apparemment.

A côté de cet en-tête sans grande finesse, la première de couverture était mise en valeur, lettres d'or sur reliure grise, comme un recueil funèbre, avec, à ses côtés, un portrait assez bien incrustée de l'auteur. Caleb se dévisagea et considéra que Photoshop pouvait faire des miracles. Il se mit à penser tout haut en entrant dans la salle, pleine de livres neufs, qui sentait bon le papier fraichement imprimé.

    « Si on m'avait dit un jour que j'aurai ma tête dans la vitrine d'une boutique quelconque ... »

Il ne souhaitait pas terminer cette réflexion. Ça le renvoyait à son passé trouble. Il réalisait qu'il avait longtemps considéré son cas comme désespéré, son mérite comme étant moindre que celui des autres, et ses talents comme étant inexistants.
Il n'y avait pas grand monde à cette heure précoce, mais la libraire, qui remplaçait la propriétaire pour un temps, lui affirmait qu'il y avait généralement de l'affluence à partir de dix heures et jusqu'en début de soirée. Les personnes qui passaient ici étaient souvent en congés, ou en repos, et prenaient leur temps le matin avant d'aller se promener et, avant ou après leurs courses et leurs obligations, se détendre en cherchant un peu de lecture et de nouveauté. Du coup, Caleb inspecta la table, décorée, pleine de livres, où il pourrait signer des autographes ou recevoir des personnes, mais préféra marcher un peu et se déplacer entre les rayonnages, observant les livres d'autres auteurs en attendant de voir quelqu'un porter de l'intérêt à son livre. Apparemment, il devait jouer les vendeurs, et se vendre. C'était la règle.
Sa jambe droite était un peu raide ce matin, il avait peu marché ces derniers temps ; ça lui ferait du bien de se dégourdir un peu les jambes.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helen Cosovic
† Feelings're intense; Words're rival †
14 janvier 1980 - 20 octobre 2009
JE SUIS : Féminin J'AI : 30
ENTERRÉ LE : 21/07/2011
PROCHES EN DEUILS : 6756
AVATAR : Stana Katic


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Dim 29 Avr 2012 - 18:02

when an essay leads to drama.
« caleb & helen »




Depuis le tremblement de terre qui avait soulevé tout le Skyline, rien n'aurait su perdurer de la même façon. Les boutiques avaient été anéanties, les maisons à moitié détruites. Beaucoup de choses étaient à refaire. A refaire ou à parfaire. La population aussi avait changée, évoluée. Les coups durs forgeaient le caractère et beaucoup avaient repris leur vie en main après la catastrophe. Bien des choses se modifiaient en somme ! Certaines plus facilement que d'autres et plus agréablement aussi. Sortir de son monde et se heurter au dur résultat d'une communauté partiellement détruite n'était jamais évident. Il lui était bien sûr simple de penser qu'elle s'en était sorti à bon compte mais Helen avait pourtant l'impression de n'avoir pas tout fait pour empêcher certaines choses. De la catastrophe naturelle, elle retenait surtout l'effacement de son amie, June. La jeune femme s'enfonçait dans un malheur dont personne ne semblait pouvoir l'en délivrer. La brune redoutait de devoir prendre une décision. June était réellement au bord du précipice. La moindre chose incorrecte et néfaste même à moindre échelle pourrait fort bien lui faire franchir la barrière du non-retour, ce serait alors la chute vertigineuse. Helen ne pouvait l'accepter mais, que faire dans ces conditions ? Elle ne pouvait pas prendre une décision seule, il lui faudrait le concours d'autres personnes, elle pensait en particulier à Cassie ou Riley avec qui June s'entendait bien. Ils pourraient l'aider dans la recherche d'une solution appropriée. En attendant, rien ne lui coutait que d'aller emprunter une ouvrage dans le but de se documenter. Elle espérait trouver une oeuvre traitant et analysant différentes formes de dépression, celle de June étant suffisamment avancée pour paraître menaçante, la brune souhaitait se renseigner au plus vite.
Faisant le choix de parcourir la distance ,séparant sa petite maison à la librairie, à pieds, la jeune femme salua quelques connaissances et en ignora d'autres. Elle ne voulait pas qu'on lui pose de questions sur son moral ou sa santé. Les gens parlaient suffisamment de ceux qui avaient souffert comme cela ! Pas besoin de rajouter d'autres commérages sur son état d'esprit ou sa santé après cela. Son hospitalisation d'un bon mois était déjà à la connaissance de beaucoup trop de monde. Elle ne se préoccupait certes pas des histoires et des ragots mais savoir le regard de certains sur elle la rendait nerveuse. Elle préférait passer inaperçue. Helen avait suffisamment à faire avec ses propres démons. Même en ayant finalement acceptée le fait que Caleb ne reparaisse jamais, qu'il soit définitivement parti, la jeune femme ne pouvait oublier les raisons de sa disparition. Elle se le rappelait chaque jour, à chaque fois que son bras meurtri et paralysé devait passer dans un vêtement. La cicatrice d'une balle perdue toujours là remémorait des souvenirs à la jeune femme. Des souvenirs loin d'être agréables. Elle se souvenait avoir vu Cal tomber, presser ses blessures et finalement, le voir partir avec les secours pour ne plus jamais reparaître. La mélancolie s'installait facilement, certains jours et elle devait user de ruse pour y échapper. La brune tentait de mettre en pratique la notion de Carpe Diem. Peu facile lorsque l'on a un passé qui se rappelle constamment à vous, un passé de plusieurs époques et plusieurs douleurs. Non seulement, la fusillade lui revenait quelques fois mais le tremblement de terre aussi. Encore des cicatrices pour témoigner de sa présence au moment des faits. Elle ne se sentait plus coupable de n'avoir pu aider tout le monde mais le rappel constant de ces instants rendait tout de même les journées de pluie moroses. Une chance pour elle, aujourd'hui était un plutôt bon jour. Le soleil brillait bien et elle pouvait profiter du printemps comme d'un renouveau. Les bâtisses ressurgissaient du sol après leur éboulement, les arbres produisaient leurs fleurs. Tout continuait et chaque personne avançait un peu dans sa vie. Aujourd'hui, les habitants semblaient de sortie. Beaucoup de promenaient, flânant presque. D'autres, plus rares, se pressaient. Le boulot certainement. Helen, elle, marchait tranquillement. Elle n'était pas vraiment pressée d'atteindre son but. Tournant à l'angle de la dernière rue, elle percuta une femme. Désolée de bousculer ainsi une personne, la brune s'excusa et apercevant son ventre rebondi, la félicita. La femme lui jeta un regard mi-choquée, mi-courroucée et s'en alla rapidement. Helen finit par se rendre compte de sa méprise, elle en rigola. Certaine de passer pour une folle plaisantant seule, la jeune femme se calma et continua son chemin. Elle n'avait pas idée de confondre une femme enceinte à une femme juste … enrobée.
La librairie en vue, la jeune femme pressa un peu le pas. Plus tôt arrivée, plus tôt repartie ! Elle pénétra dans le magasin et laissa son regard se porter sur les étalages et rayonnages. Les livres, elle aimait. C'était un domaine propice à la détente et à l'évasion. Lire était quelque chose de sain, elle en était convaincue. Certaine de trouver le livre qu'il lui fallait et plus encore, la jeune femme s'avança dans la boutique. Un regard à gauche, elle repéra la libraire qui semblait occupée. Un regard à droit, elle avisa une affiche annonçant la parution et la venue d'un auteur. « Skyline, quand la mort ne fait plus recette », drôle de nom. Il y avait fort à parier que son auteur était une personne désabusée qui n'attendait plus rien de cette seconde chance qu'était Skyline. Il s'agissait sans doute d'une oeuvre critique dont la portée et les visées feraient polémiques. Le genre d'ouvrage à lire lorsque la situation, le contexte de vie ne vous convenait plus. Notant le titre du livre dans un coin de sa tête, se promettant d'y jeter un coup d'œil, Helen partit en quête d'un certain livre. Quelques grommellements et noms d'oiseaux plus tard, la jeune femme trouva son bonheur dans un petit livre à la couverture jaune et aux grosses lettres bordeaux passablement grossières représentant les mots : « Dépression et anxiété, comprendre et surmonter par l'approche cognitive ». Pour plus de sécurité, elle se saisit aussi de « soigner la dépression par la médecine chinoise » et « dépression et troubles bipolaires ». On n'était jamais trop prudent et puis, cela lui ferait de la lecture.
Rejoignant le devant de la boutique, Helen s'aventura à se renseigner sur l'œuvre critique dont le nom lui était apparu plus tôt. Elle remarqua un sous-titre « Un ancien policier dénonce un système qui renie l'instinct de survie ». Elle pensa à Lusitania, policière à l'heure actuelle, elle aurait bien été capable d'écrire une oeuvre pareille. En y pensant bien, Caleb aussi aurait pu … Helen secoua la tête, comme pour cacher la morosité qui menaçait de revenir. Inclinée comme elle l'était, la jeune femme pu voir à coté de la représentation de la première de couverture de l'œuvre, une photo de l'auteur. Elle resta figée. Elle ne réalisa même pas. Il avait une vague ressemblance avec Caleb, en y pensant bien. Elle tourna la tête en direction de la vitrine de l'enseigne : un autre portrait. Elle ne les avait même pas remarqué avant. Approchant son visage de celui de l'auteur, parfaitement photographié, Helen plissa des yeux. Vraiment, il lui ressemblait beaucoup. Il n'avait quand même pas un jumeau ?! Elle aurait été au courant non ?! Elle se saisit du portrait et le rapprocha encore si cela était possible. Quelque chose n'allait pas. Avait-on réutilisé une photo de Cal à des fins diverses ? … Il ne lui vint même pas à l'esprit que ce fusse véritablement Caleb, l'auteur du livre. Pourtant, si elle avait jeté un coup d'œil plus observateur à la couverture de l'œuvre, elle aurait su.
Bien décidée à attraper cet auteur de malheur qui avait osé subtiliser une photo de son cher ami, la jeune femme retourna dans les rayonnages. L'œuvre était en promotion, cet oiseau de malheur ne devait pas être loin ! Certaine de trouver là un juste réconfort à l'idée qui s'établissait peu à peu dans sa tête, Helen accéléra le pas. Elle voulait se tromper, ce n'était pas possible. On ne pouvait pas lui avoir fait croire cela ! Il n'était plus, Caleb n'était plus et ce n'était pas une simple photo dans une librairie de malheur qui changerait cela. Pourtant, les larmes lui vinrent sans même qu'elle ne les contrôle. Elle qui voulait mettre une distance entre ses sentiments, son coeur et le reste, c'était loupé. Hors d'elle, tremblante, elle n'apercevait toujours aucun auteur. Certaine que personne ne répondrait à cela et indifférente aux regards que l'on pourrait lui jeter, elle cria presque :

- Caleb !

_______________


Dernière édition par Helen Cosovic le Jeu 3 Mai 2012 - 6:51, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Caleb Landsher
Monsieur Parfait
22 janvier 1977 - 14 août 2011
JE SUIS : Masculin J'AI : 29
ENTERRÉ LE : 14/08/2011
PROCHES EN DEUILS : 1478
AVATAR : Henry Cavill


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Dim 29 Avr 2012 - 19:36

Guère de temps avait passé depuis qu'il était arrivé. Mais le temps semblait interminable en attendant les premiers visiteurs. Caleb s'était enfoncé dans les rayonnages, boitillant un peu moins au fur et à mesure ; mais se reposer sur sa jambe droite commençait à lui faire mal, aussi chercha-t-il un endroit où se reposer un peu. Il avait en horreur cette faiblesse physique à son âge, mais il ne pouvait faire autrement. Il avait fait preuve de beaucoup de patience et d'efforts pour retrouver une telle aisance avec sa jambe droite, et il ne se sentait pas prêt à recommencer à cause de son entêtement à toujours tout saboter.
Il finit par tomber sur un fauteuil discret, situé dans un coin. L'Ecossais comprit directement son intérêt, tellement en retrait, en voyant le rayonnage le plus proche : sexologie et sexe tout court étaient largement représentés dans des ouvrages semblant tantôt sérieux, tantôt complètement gadget. Etait-il nécessaire d'infantiliser à ce point la personne découvrant tout cela ? D'un côté, c'était vrai que certains de ces ouvrages s'adressaient à ... des gosses.

Décidant de s'instruire un petit peu ou de réviser ses classiques, il prit, pour le plaisir, un des ouvrages qui ne semblaient pas trop cucu et un minimum intéressants, et s'installa dans le coin, dans le fauteuil. Ici, il était presque invisible. Il fallait vraiment s'aventurer ici, dans ce recoin au fond de la librairie, pour pouvoir le trouver.
Il examina le sommaire, et trouva facilement un sujet qui le ferait sourire : le point G. En lisant l'article, il comprit qu'on avait disséqué le vagin d'une femme âgée, et que des médecins avaient trouvé ce qu'ils considéraient comme étant le fameux point G. Moult descriptions et détails plus tard, il comprit, avec un soupir, qu'il ne s'agissait ni plus ni moins qu'une zone déjà bien connue, qui avait déjà fait l'état d'observations plus ou moins poussées alors qu'il était encore gosse.
Refermant le livre, il se releva et se prépara à se relancer à l'aventure. Mais en se préparant à quitter le rayon, Caleb ressentit une présence familière qui le figea. Il se sentit soudain assailli par une sensation de plénitude totale, mais aussi par une indescriptible douleur au plus profond de lui, lorsque des pas apparemment nerveux passèrent de l'autre côté d'un des rayonnages pour cesser un peu plus loin. Il y eut un instant, quelques secondes, où le temps sembla suspendu pour le jeune homme. Ce moment de grâce s'évanouit en milliers d'éclats dans l'air aussi vite qu'il était tombé lorsqu'une voix reconnaissable entre mille l'appela.

    « Len ... »

A peine un vague murmure ayant filtré entre ses lèvres, le prénom qui devait ne plus rien signifier pour l'homme naïf qu'il était eut l'effet d'une bombe un jour de marché. Il avait bien fait les choses pour se mentir à lui-même, mais, à présent, le fourmillement qui menaçait de faire flancher ses jambes sous lui ne venait plus de ses blessures.
Que pouvait-il faire à présent ? Il se refusait à avancer, comme il ne pouvait se résoudre à se cacher. Elle avait vu, elle avait deviné qu'il était là. L'avait-elle senti, d'une manière difficile à expliquer, ou le sort s'était-il juste acharné à vouloir les faire souffrir ? Il avait beaucoup réfléchi. La détresse de celle qu'il avait aimé, la dernière fois, ne comptait pas. Elle avait peur de perdre son vieil ami d'enfance. Ce qui comptait, c'était ce qu'elle lui avait dit quand ils s'étaient retrouvé par hasard, la première fois, face à face à Skyline. Il s'en souvenait encore très bien. Le souvenir lui arracha un grincement de dents. Il ne pouvait pas rester ainsi lié à Len. Il n'avait qu'une envie : accourir aussi vite que sa jambe le lui permettrait, la prendre dans ses bras, se réfugier, se cacher dans ses cheveux, et exprimer sa joie en pleurant ; mais le temps des réjouissances était passé le jour où elle était morte. Il ne pouvait plus rien y avoir.
Il finit par prendre sur lui. Se construisant une contenance complètement fausse, fermant son visage et s'efforçant d'avoir l'air aussi naturel et décontracté que possible, Caleb finit par sortir lentement du rayon. Il vit d'abord Helen de dos. Il la reconnut instantanément, et il comprit aussi, immédiatement, qu'au fond d'elle elle souffrait. Il n'osait faire le lien avec sa disparition silencieuse, car pour lui cela ne comptait guère plus pour elle. Comme l'esprit était doué pour mentir à la raison ! Il eut du mal à se retenir, il dut prendre sur lui, réprimer un grand sourire et une envie de se jeter dans son dos pour l'enlacer, la serrer contre lui, et ne plus la lâcher. Au lieu de cela, il prit appui sur le rayonnage le plus proche, à cinq ou six mètres dans le dos de la jeune femme, et il s'éclaircit la voix pour être sûr d'avoir l'air calme et assuré.

    « C'est moi. »

Ces quelques mots avaient suffi à faire défiler sur le corps et le visage de Len une foule d'émotions et de ressentis contradictoires que l’Écossais n'avait aucune peine à reconnaître. Il n'avait jamais physiquement partagé quoi que ce soit avec elle depuis vingt ans maintenant, mais il était capable de faire parler chaque nerf de la belle comme s'il pouvait les écouter jouer de la musique. Et la musique qu'ils jouaient là était une vraie cacophonie.
Caleb ne savait soudain plus quoi faire, mais il se refusait à arrêter maintenant ce petit jeu dans lequel il s'était lui-même embarqué. Essayant de désamorcer la bombe qui semblait sur le point d'exploser face à lui, il s'efforça à arborer un sourire amical et à formuler quelques mots de politesse qui, aux oreilles de la jeune femme comme de l'ancien flic, sonnèrent affreusement faux et déplacés.

    « Cela faisait un moment. Comment vas-tu ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helen Cosovic
† Feelings're intense; Words're rival †
14 janvier 1980 - 20 octobre 2009
JE SUIS : Féminin J'AI : 30
ENTERRÉ LE : 21/07/2011
PROCHES EN DEUILS : 6756
AVATAR : Stana Katic


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Lun 30 Avr 2012 - 7:29



Quel sentiment pouvait-il encore s'emparer d'elle après tout cela ? ... Ce n'était pas faute de chercher à fuir le danger d'une émotion forte et dévastatrice. Elle faisait tout pour depuis des mois. Elle avait cru pouvoir échapper à la réalité, se fondre dans l'illusion que plus rien ne pouvait l'atteindre. C'était mal se connaître. Elle était tout sauf une femme au coeur de pierre. Elle n'était pas celle pour qui elle voulait se faire passer. Ce rôle ne lui convenait pas. Le monde entier paraissait s'écrouler sous ses pieds, un gouffre gigantesque semblait être apparu. Elle tombait dans un gouffre sans fond. Réaliser le mensonge de ces derniers mois avait été sans doute la pire chose qu'elle puisse apprendre. Helen observa le portrait qu'elle tenait encore en main. Elle ne savait plus ce qu'elle devait faire. D'un coté, son cerveau lui dictait d'arracher cette photo et de n'en faire plus qu'un tas de feuille chiffonnée mais de l'autre, son coeur avait juste envie de pouvoir encore observer Cal, jusqu'à ce que ses yeux la brûle. Elle pourrait fort bien le faire, elle ne se lasserait jamais de son visage . Elle aurait voulu tout connaître par coeur, pouvoir dessiner ses traits les yeux fermés … Elle ne savait plus quoi faire. Perdue, elle l'était depuis qu'elle avait compris. Ses larmes ne tarissaient pas et ses épaules s'affaissèrent. Elle crut même sentir ses jambes trembler. Allait-elle le revoir ? N'était-ce qu'une illusion ? … Au début de sa disparition, Helen avait refusé de voir en face la réalité, elle restait persuader que quelque part, il demeurait et qu'un jour, peut-être, il reviendrait. Puis, à force de temps et de réflexion, il lui était apparu que cela relevait de l'impossible. Deux morts étaient bien tout ce que pouvait supporter une personne. Il avait définitivement disparu. Alors qu'étais-ce aujourd'hui ? Une farce de mauvais goût ou un mensonge qui risquait de plus la terrasser qu'autre chose ? Au fond d'elle, elle voulait, elle savait. C'était plus fort qu'elle. Son corps semblait savoir avant même qu'elle ne le voit, qu'il était là, quelque part dans cette librairie. Cela l'oppressa, la jeune femme avait la sensation de ne plus pouvoir respirer. Elle était dans l'expectative. Elle voulait courir pour le chercher et le trouver plus vite et en même temps, elle préférait rester là, prudemment.
Elle fixa de nouveau le reflet du seul homme qui comptait pour elle. S'il était vraiment vivant, il devrait s'expliquer. Elle refusait d'avoir passée les six longs mois les plus durs de sa vie pour, pour quoi au juste ? Pour rien ? Parce qu'on lui avait menti ? Elle avait du mal à l'admettre et à l'accepter surtout. Obligée de patienter, bien malgré elle, Helen n'avait entendu personne arriver pourtant, un frisson la parcourut. Une voix familière résonna dans sa tête, elle eut un sursaut, son coeur s'accéléra inexplicablement. Trois mots et son monde d'idéalisme s'effondra. Elle aurait voulu s'effondrer avec lui. Elle ne se retourna pas de suite. Elle accusait le coup. Il était là. Il était bien vivant. Sa gorge se serra, sa main trembla. Elle lâcha les livres.
Lentement, son regard tourna vers l'homme qu'elle attendait de revoir. Elle avait peur qu'il ne disparaisse, comme une illusion, comme un écran de fumée, aussi fragile qu'il se ferait emmener par un simple coup de vent. Elle se sentait presque euphorique de le voir. Une euphorie bien trop présente. Ses nerfs lâchaient. Elle pleura de nouveau mais qu'importe, il n'avait rien à lui dire. Il n'avait même pas à parler. Il lui avait menti ! Bon sang ! Il lui avait menti ! La colère gronda en elle comme peu de fois, elle avait envie de tout détruire comme il l'avait détruite durant ces longs mois. Elle n'était plus sûre de tenir très longtemps sur ses jambes mais elle ne céda pas. Helen avait l'impression de revivre chacune de ses blessures, que chacune d'elles se rouvraient au moment où elle croisa son regard. Les blessures intérieures autant qu'extérieures. Elle posa sa main sur la longue cicatrice qui signait sa présence lors de la catastrophe, une cicatrice cachée sous ses vêtements mais qui lui faisait tout à coup horriblement mal, une cicatrice trop près du coeur.
Les mots suivants, ceux prononcés par Caleb lui firent l'effet d'une détonation. Il se fichait ouvertement d'elle. Helen avait la sensation de suffoquer de colère et de douleur. Sa main partit sans qu'elle ne la contrôle. Elle rencontra la joue de l'homme. Le membre chauffa brusquement, elle n'y avait pas été doucement. Toute la colère et la douleur rassemblées, elle voulait tout oublier maintenant. Oublier qu'il existait, la jeune femme voulait s'en persuader mais une certaine voix, dans sa tête, lui hurla presque que cela était impossible et qu'elle devrait faire avec ce mensonge, qu'elle ne pouvait pas se permettre de le laisser repartir comme cela, de peur de ne plus jamais le revoir.

- Tu … tu oses ? Comment as-tu pu ?! Tu te rends compte … tu te rends compte de ce que tu m'as fait vivre ?!

Elle hachait ses mots, elle avait du mal à respirer tant ce qu'elle voulait été juste de tomber et de pleurer. Elle ferma les yeux un instant, essayant de calmer ses tremblements et ses larmes. Elle devait trouver un siège, elle n'allait pas pouvoir continuer à rester ainsi, plantée face à lui. Lui qui agissait d'une manière si nonchalante. Il n'en avait rien à faire d'elle … Très bien, elle le supporterait mais ce qu'il avait fait, non ! Elle le pensait au moins son ami.

- Je … bon sang ! Je te croyais mort, définitivement !

Ses mots sortaient comme une plainte, elle se recula un peu et secoua la tête pour cacher l'image de Caleb, gisant sur le sol du centre commercial.

- Tu avais disparu … tu avais disparu.

Elle ne voulait même plus penser, elle se laissa glisser contre un rayonnage, presque choquée. Elle réalisait enfin l'ampleur du mensonge et de sa découverte.

_______________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Caleb Landsher
Monsieur Parfait
22 janvier 1977 - 14 août 2011
JE SUIS : Masculin J'AI : 29
ENTERRÉ LE : 14/08/2011
PROCHES EN DEUILS : 1478
AVATAR : Henry Cavill


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Lun 30 Avr 2012 - 15:20

Le coup avait claqué et résonné dans la boutique encore vide, mis à part l'employée. Ils auraient dû s'en inquiéter, mais l'un comme l'autre étaient maintenant enfermés dans une bulle où seuls eux deux existaient. Skyline aurait pu s'effondrer au-dessus de leurs têtes, le sol s'ouvrir sous leurs pieds, qu'ils ne s'en inquièteraient même pas. Il n'y avait plus qu'eux, et plus rien autour ; leur émotion et leur douleur entremêlés étaient si puissants qu'il aurait mieux valu que personne ne vienne s'immiscer dans leur bulle, car elle l'aurait fait à ses risques et périls.
Caleb, lui, n'avait même pas vraiment senti le coup. D'accord, il n'était pas douillet, mais il ne sentait qu'une grosse brûlure s'étendre, et un engourdissement lui traverser tout le visage, alors même qu'il aurait dû être en train de s'assurer qu'aucune dent n'avait été éjectée de sa bouche. Elle avait toujours eu la gifle franche avec lui, et il ne l'aimait pas moins pour ça. Il savait, aujourd'hui, qu'elle l'avait toujours frappé plus fort parce que, venant de lui, l'offense était toujours plus douloureuse pour elle. Il ne sentait rien de physique. Le choc était ailleurs. Elle qui lui avait dit qu'il n'y avait plus rien de possible entre eux, un an plus tôt, voilà qu'elle vacillait, perdait l'équilibre, et le giflait comme s'il venait de tuer quelqu'un.
Il ne lui avait menti en rien. Pour lui mentir, encore aurait-il fallu qu'ils parlent. Il n'avait parlé à personne, de toute façon. Il savait que Lusi pouvait éventuellement se douter de son choix, mais, à part elle, aucun n'avait accès aux dossiers utiles, ou n'avait réellement le flair et la méthode nécessaires pour deviner. Il avait simplement disparu car il ne voulait plus voir personne, il avait besoin de se retrouver, et il ne voulait pas qu'on tente de le stopper. Il était trop déstabilisé pour ça.

Lui qui croyait avoir trouvé quelque chose qui ressemblait à une stabilité intérieure ... Il venait de prendre une sacrée claque dans la face ; et une vraie, en plus. Le plus drôle, dans l'histoire, c'était que ça n'était pas lui qui tombait. Helen avait commencé à vaciller dès qu'elle l'avait frappé, mais ça s'était accentué à chaque phrase. A cet instant, elle se retrouvait collée à un des rayonnages, en train de glisser. L’Écossais se doutait bien que la dernière chose qu'une personne sensée ferait à un moment pareil serait sans doute de s'avancer pour éviter une chute un peu trop violente à l'interlocuteur. Pourtant, Cal', lui, n'en était plus à ça près, n'est-ce pas ? Il aurait dû être tétanisé, s'en aller, partir ; il y avait pensé un instant, mais maintenant qu'il la voyait glisser, il s'inquiétait. Lorsqu'une chaussure glissa et qu'elle partit pour rejoindre plus vite le sol, son sang ne fit qu'un tour, et il se précipita vers elle, l'attrapant dans ses bras pour lui éviter de se faire mal, et l'aidant à s'asseoir en vitesse.
Son pouls était rapide, son souffle court, mais il le fut encore plus lorsqu'il réalisa qu'il venait de la prendre dans ses bras, d'accourir à son aide, alors même que son dernier vœu était que demeure cet amour pour elle à son retour. Non ! Il ne pouvait plus l'aimer, elle ne souhaitait pas la même chose que lui, ne l'avait probablement jamais voulu. Il s'écarta d'elle très rapidement, comme s'il s'était aventuré trop près d'un brasier ardent, et reprit son souffle et sa contenance. Pourtant, il ne pouvait la laisser comme cela. Il s'interdisait de la laisser dans un état pareil.

    « Len, je suis désolé, je ... »

Et bien, oui ! Qu'allait-il bien pouvoir dire ? Qu'il était désolé, mais qu'il ne voulait pas la voir pour pouvoir vivre la mort qu'elle lui avait dit de rechercher ? Qu'il était sans rien lui dire parce qu'il ne voulait pas souffrir de devoir obtenir son concours, quand tout ce qu'il aurait voulu aurait été, égoïstement, qu'elle lui demande de ne plus la quitter ? Tout cela sonnait tellement faux, tellement injuste ... Pourquoi était-il parti, au juste, s'il n'était même pas fichu de se passer d'elle, au final ? Avait-il échoué ? Ou était-il maudit ?
Est-ce qu'il était parti pour tenter de se soigner d'elle, ou pour se soigner, lui ? Peut-être que c'était un peu ça, la question. Et tandis qu'il prenait conscience de cet égarement, de ce mensonge qu'il s'était trainé pendant des années, il se rendait compte de pourquoi il était parti. Son visage s'était détendu. Il avait maintenant l'air préoccupé, affecté, tendu. Il sentait maintenant la douleur dans sa joue, et dans sa mâchoire, et il devait bien être rouge. En se la frottant prudemment, il s'éclaircit la voix et tenta de continuer, avec une voix basse qui monta en volume peu à peu ; mais qui sonnait surtout beaucoup plus sincèrement qu'à l'instant.

    « Je n'ai pas réfléchi. J'étais paumé, et j'avais mal, chaque fois que je pensais à toi. Je voulais partir, redémarrer, sur de nouvelles bases. Je voulais oublier ; t'oublier toi, vous oublier tous et tout oublier. Pensant que tu ne m'aimais pas, que tu ne voulais plus me revoir, j'avais moins mal loin de toi. »

Les derniers mots eurent du mal à sortir. Ils étaient violents, blessants peut-être, mais vrais ; et il parvint à les prononcer d'une voix assez douce, assez tendre, pour qu'ils n'aient pas l'air d'un reproche, d'une accusation, ou d'un jugement. Il prit quelques secondes pour se détendre, et reprit.

    « J'avais peur de vivre éternellement seul tant que je t'aimais. J'avais tort ; je préfèrerai toujours vivre seul à jamais, plutôt que cesser de t'aimer. Et ... Tu m'aimes, toi aussi, alors ... ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helen Cosovic
† Feelings're intense; Words're rival †
14 janvier 1980 - 20 octobre 2009
JE SUIS : Féminin J'AI : 30
ENTERRÉ LE : 21/07/2011
PROCHES EN DEUILS : 6756
AVATAR : Stana Katic


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Mar 1 Mai 2012 - 10:57



Elle avait voulu se retenir jusqu'au bout. Se retenir de tomber. Elle ne voulait pas donner satisfaction à ses sentiments, elle ne voulait pas leur laisser le champ libre et que Caleb puisse penser qu'elle soit toucher beaucoup plus qu'il n'y paraissait, par sa disparition soudaine. Pourtant, c'était le cas, elle était touchée et le revoir était sans doute trop fort pour qu'elle refoule quoique ce soit. L'ensemble des sentiments contradictoires enfouis en elle eurent raison de son équilibre. Elle se laissait aller alors que dans sa tête, toutes les pensées s'emmêlaient. Elle voulait se redresser forte et sans peur mais elle n'en avait plus le courage. Quel triste tableau dépeignait elle là ! Elle se sentit partir et, aussi sûrement que Caleb était en face d'elle, elle le vit intervenir. Le temps court d'un instant, il lui évita d'atteindre le sol trop durement. Elle n'eut pas la force de sourire pourtant, elle aurait pu. Malgré tout, malgré le temps, il était toujours un peu le chevalier servant, l'ami et plus encore. Après ce qu'elle lui avait fait, ce qu'elle avait dit à leurs retrouvailles. Ce moment s'imposa à son esprit. Elle lui avait conseillé de se faire une mort décente, de trouver la personne qu'il lui fallait. Il était parti, il l'avait écouté d'une certaine façon. Ce qui la poussait à revenir sur ses propres mots ? Le manque, ne pas le voir et surtout, croire en sa mort. Elle avait eu le temps de reconsidérer les choses et même si elle espérait toujours mieux pour lui, elle ne pouvait pas nier ce qu'elle ressentait et ce que lui, ressentait. Elle ne pouvait pas décider à sa place. Sur cette pensée, Helen regarda celui qui l'aidait encore. Elle frissonnait presque malgré le temps au dehors. Elle retenait sa respiration. La jeune femme pouvait voir chacun de ses traits, plus tirés qu'avant, mais toujours aussi plaisants. Elle était plus proche de lui qu'elle ne l'avait été durant ces quatre années de vie à Skyline. Elle se surprit à espérer que cela reste ainsi. Elle réalisait … elle ne voulait plus qu'il s'éloigne, qu'il disparaisse. Elle devait tout faire pour que cela ne se produise plus.
Comme brûlé vif, Cal s'éloigna d'elle. Helen en ressentit un pincement. Il ne voulait plus être près d'elle. Le répugnait-elle ? Peut-être, elle avait été horrible avec lui, il serait normal qu'il en tienne compte … Elle qui voulait sécher ses larmes et retrouver une certaine contenance, elle fut forcée d'admettre que c'était peine perdue, le voir s'éloigner ainsi ne rajouta qu'à sa peine de l'avoir cru mort pour finalement le retrouver, plutôt bien portant. Elle le laissa s'excuser, elle entendit tout juste. Elle comprenait que ce qu'elle avait cru n'était en rien de sa faute à lui. Elle avait juste entendu la mauvaise information, au mauvais moment …
La phrase de Cal resta en suspend. Helen accrocha son regard à ses lèvres comme à une bouée, elle attendait. Ses mains se resserrèrent sur le portrait de l'auteur, qu'elle n'avait pas lâché. Il lâcha enfin ce qui sonna comme une bombe pour la jeune femme. Elle était seule responsable de ce qu'ils avaient vécu tout deux. Ils devaient être maudits. Ils n'arriveraient donc jamais à se comprendre ? Il croyait … il croyait qu'elle lui avait dit de partir, parce qu'elle ne l'aimait pas ?! C'était à proprement dit, tout l'inverse. Elle l'aimait tellement. Elle ne voulait pas de cette vie là pour lui. Il méritait mieux, mieux qu'elle. Un noeud se forma au fond de son ventre. La culpabilité et la peine, la douleur peut-être aussi. Finalement, n'était-il pas mieux sans elle ? Comme il le disait, il souffrait moins en étant loin … Non, elle ne devait plus retomber dans les « et si », les « peut-être ». Il y avait des faits. Il avait souffert, elle aussi. Elle l'aimait, lui aussi. Elle ne voulait plus qu'il s'éloigne … lui que voulait-il à présent ? Il sembla répondre à son interrogation, elle crut rêver, espérer. Elle s'affola. Ils en étaient là. Elle était en possession de toutes les cartes à présent. Ce serait ses mots à elle qui détermineraient leur futur à tous les deux, elle le savait. Elle en sourit.
Helen sécha ses larmes du revers de la main, calmement, en tremblant. Elle devait retrouver la totalité de ses moyens pour espérer offrir une réponse convenable. Elle ne cessait plus de sourire. Presque timidement, elle approcha sa main de la joue rougie de Cal. Elle était maintenant désolée de son geste, il était si injuste.

- Désolée pour ça.

Elle chuchota, presque honteuse. La jeune femme ne répondait pas à la question, elle s'y préparait. Elle n'avait jamais été douée avec ce genre de choses. Il ne fallait plus qu'elle s'exprime avec sa tête mais avec son coeur. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir dire ce qu'elle voulait dire. Pour s'énerver et incendier, elle était forte mais dès qu'il s'agissait de montrer un peu d'elle-même, de dévoiler ses sentiments, elle redevenait presque une adolescente, mal dans sa peau, ayant peur de se faire rejeter. Son regard trouva celui de Cal, pour ne plus le lâcher, si elle n'était pas douée avec les mots, peut-être que ses yeux exprimeraient mieux ce qu'elle ressentait.

- J'ai peur … j'avais peur, que tu ne gâches ta vie en étant avec moi. Lorsque j'ai atterri à Skyline, je n'avais comme regret que de ne t'avoir jamais répondu. Je voulais malgré tout que tu sois heureux et lorsque nous nous sommes revus, je me suis juste reprochée de t'avoir gâché ton existence, tu méritais mieux que ça … mais quand, quand je t'ai vu, couché sur le sol, que … que tu ne bougeais plus, j'ai réalisé …

Elle était presque stressée, tout ce qu'elle avait pu ressentir à ce moment de sa vie semblait ressurgir. Elle ressentait de nouveau ce chagrin de le voir inanimé et pourtant, il était bien là, face à elle, le regard dans le sien, attendant qu'elle finisse ce qu'elle avait commencé. Tout deux dans leur monde, toujours assise par terre, Helen ne se souciait plus depuis longtemps de ce qui se passait autour, elle voulait juste trouver les mots. Il méritait qu'elle sorte ces maudits mots, qu'elle parvienne à les extérioriser :

- Bon sang ! J'ai réalisé que je ne pouvais pas me passer de toi Cal. Je … je voulais juste que tu te réveilles et que je puisse te le dire, je …

Elle pouvait le dire, elle le pouvait :

- Alors oui idiot ! Oui, bien sûr que je t'aime !

_______________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Caleb Landsher
Monsieur Parfait
22 janvier 1977 - 14 août 2011
JE SUIS : Masculin J'AI : 29
ENTERRÉ LE : 14/08/2011
PROCHES EN DEUILS : 1478
AVATAR : Henry Cavill


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Lun 7 Mai 2012 - 7:47

Il y a des jours, comme celui-là, où l'univers entier semble basculer autour de vous, où vous allez vous sentir perdu, en l'espace de quelques secondes, et passer d'une vie à une autre. Pour le meilleur et pour le pire, vos repères vont se briser, s'évanouir, disparaître, et une nouvelle situation, à la fois excitante et terrifiante, viendra la remplacer. Ce genre de jours sont à marquer d'une pierre blanche, car ils sont ceux pour lesquels nous avons vécu toute une vie, qu'ils soient, dans l'immédiat, bons ou mauvais.
Caleb en était là. Il s'était senti bête après avoir parlé, aurait voulu remonter le temps d'une minute, et ne pas quitter son rayon pour rejoindre Helen, mais il l'avait fait, et il ne pouvait plus faire machine arrière. Et au final, il avait eu raison, semblait-il. Il était resté à bonne distance, là où il s'était installé, face à elle. Il n'avait pas bronché lorsqu'elle avait approché sa main pour toucher sa joue rougie, il aurait même tendu le cou pour se poser lui-même contre elle s'il n'avait été si bouleversé. Il se contentait d'écouter. Il sentit la surprise et la compassion accompagnant la tristesse lorsqu'elle finit par s'expliquer. Alors, comme ça, la raison qui avait fait qu'ils avaient passé un an à se fuir, c'était leur peur commune de ne pas être assez bien pour l'autre ? D'un côté, lui l'avait sacralisé, et, de l'autre, elle pensait qu'il méritait mieux qu'elle. Il aurait souhaité crier, la secouer et lui dire qu'elle avait été bête de croire cela ; mais il n'aurait jamais pu la secouer, et il voulait l'entendre jusqu'au bout. A vrai dire, il n'aurait, de toute façon, rien pu faire du tout. Il se pencha en avant, vers elle, ses yeux braqués sur elle. Il était captivé, hypnotisé, et rien n'existait plus sinon elle. L'univers, en cet instant, se limitait à Elle.

Lorsqu'elle eut terminé et qu'elle eut admis ses sentiments, il y eut un instant de flottement, très court, mais qui sembla durer une éternité. Cet instant, en fait, ne semblait plus subir l'emprise du temps, car le temps ne comptait plus. Cal' encaissa, digéra plus vite qu'il avait pu digérer quoi que ce soit dans sa vie, mais cette digestion sembla lui prendre toute une vie. Pour tout dire, c'était toutes ces années passées à penser à Helen qui se bousculaient, qui convergeaient, en une fraction de seconde, pour arriver à cet instant précis. Quand certains évènements arrivent, on se rend brutalement compte que tout, tout le temps, s'était toujours passé de manière à venir à cet instant précis. S'il n'y avait pas eu tout cela, leurs rapports seraient-ils différents, et se seraient-ils tout avoué ? Caleb aurait encore Len sur ce piédestal où personne ne mérite d'être installé ( car être placé sur un piédestal revient à faire partie d'un autre monde ), et Len penserait toujours ne pas le mériter et devoir lui laisser une liberté totale. En cet instant, Cal' ne voulait pas d'une liberté totale. Il la voulait, elle, dans sa vie ; et en ressentir l'impact.
Subitement, se surprenant lui-même, il se redressa, et se mit à genoux, filant en avant pour s'arrêter à quelques centimètres d'elle. Il pouvait sentir sa chaleur, son souffle, entendre sa respiration, et chacun de ces détails le perturbaient, l'attiraient, le faisaient se sentir au bon endroit. Il se figea, pourtant, à quelques centimètres d'elle, pinçant les lèvres, et la fixant dans les yeux. Sa main droite s'éleva jusqu'à sa joue, et se posa, d'abord gauchement, avant de se détendre et de trouver la manière. Il se sentit fondre. Il aurait pu pleurer, mais il se sentait trop heureux, au fond de lui, pour pleurer. Il avait attendu ce moment toute sa vie, et toute sa mort, sans le vouloir. Il avait voulu la fuir, et il se trouvait là, tout près d'elle, et il aurait voulu ne plus la lâcher. Reprenant à moitié ses esprits avec force volonté, il parvint à sourire et à articuler quelques mots.

    « Tu sais, ce qui me permettait de tenir, quand j'étais enfermé, c'était de savoir que tu étais libre et heureuse, et que tu ne m'oubliais pas. J'ai ... Je ne me suis jamais senti mieux qu'en pensant à toi. Tu me fais ressentir des choses que je ne ressens avec personne d'autre. Alors arrête de dire que je mérite mieux que toi, arrête. Tu es tout ce que j'ai toujours voulu, et ce depuis qu'on est gosses. Je ne serai jamais entier sans toi, Len. Je ... Je t'aime ; et je ne peux rien y faire. »

Il avait tout sorti. Il sentait qu'il parlait trop. Il essayait encore de se défiler, de retarder l'échéance, de donner au temps l'opportunité de tout arrêter. Mais il était tout près du but, trop avancé, et, s'il était terrifié, il avait trop envie d'aller jusqu'au bout pour s'arrêter maintenant. Sans réfléchir plus avant, il se pencha, parcourut les quelques centimètres qui les séparaient, et ses lèvres rencontrèrent celles de Len. Chastement, brièvement, il l'embrassa, ne s'arrêtant que pour rester tout près d'elle. Il respirait fort, ses bras tremblaient. Il était paniqué, mais une bonne panique, qu'il ne connaissait pas. Il se sentait bête, adolescent, et anormalement bien, et capable de passer outre ça. Il se sentait effroyablement gauche, mais il ne regrettait rien.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helen Cosovic
† Feelings're intense; Words're rival †
14 janvier 1980 - 20 octobre 2009
JE SUIS : Féminin J'AI : 30
ENTERRÉ LE : 21/07/2011
PROCHES EN DEUILS : 6756
AVATAR : Stana Katic


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Lun 7 Mai 2012 - 15:38



Elle l'avait dit, elle l'avait bien dit. Cela paraissait si compliqué à avouer. Elle avait peur tout à coup, peur de dire trop vite, que ce soit trop tôt. Elle se baffa intérieurement. Trop tôt ? Quelle plaisanterie, ils avaient attendu plusieurs années, ils avaient attendu d'être morts ! Il n'était pas trop tôt, il était juste temps. Elle aurait pourtant voulu baisser le regard mais elle était prise dans celui de Cal. Elle se sentait bien, très bien ainsi. Ils n'étaient pourtant pas dans la meilleure position, par terre, au milieu de la librairie et pourtant, n'importe où si c'était avec lui, elle était bien, elle était à sa place. Terrible sentiment que celui-ci. Comment allait-elle faire maintenant ? Comment allaient-ils faire ? Qu'allait-il se passer ? Elle appréhendait son futur proche. Et si … et si elle l'avait trop fait attendre ? S'il partait sans se retourner et qu'elle se retrouve seule ? … Elle n'était pas sûre de pouvoir le supporter, une fois mais pas deux ! Elle ne le laisserait plus repartir ainsi. Elle se le promettait. Finalement, tout ce qu'elle voulait, c'était lui. Lui et personne d'autre.
Perdue dans ses yeux, la jeune femme s'était presque sentie gênée de recevoir tant d'attention. Il était toujours là, il la regardait. Elle aurait voulu s'approcher mais elle n'osait pas. Elle n'osait jamais. En amour comme en aucune autre chose, la jeune femme était loin d'être une personne courageuse. Elle avait peur des sentiments. Elle en avait toujours eu peur mais, mûrir sans véritablement quelqu'un, sans Caleb qui était parti, avait sans doute agrandit son mal. Elle ne savait pas comment interpréter le silence qui suivit sa déclaration. Il n'avait eu aucune réaction sur le moment. Rien qui ne puisse aider Helen à identifier ses pensées. Elle se sentait tout à coup seule dans son monde. Elle ne percevait même plus ce qu'il pouvait ressentir. La jeune femme avait trop peur de se tromper en supposant chose après chose. Elle resta alors là, les mains au sol et le regard fixé sur Cal. Cela parut durer des heures. Des heures d'incertitudes et de doute, d'espoir aussi. Il n'y avait pourtant que quelques secondes qui la séparaient de son aveu. L'appréhension, elle tremblait à nouveau. A nouveau, un tas de sentiments contradictoires élurent domicile en elle. Il semblait ne plus y avoir de place pour la clarté … Puis, comme elle aurait vu le moindre remous d'un nerf de son tendre ami, la jeune femme le vit bouger, entièrement. Il se rapprochait. Il était près, si près. Elle aurait pu le toucher si elle l'avait voulu mais, encore une fois, elle n'osait pas. Ses pensées entières se dirigeaient vers lui, ses yeux étaient maintenant captivés par chacun de ses mouvements. Il s'arrêta à si peu de distance d'elle. La jeune femme avait l'impression d'imploser, sa respiration devint plus anarchique, ses muscles se tendirent, son coeur s'accéléra. Elle aurait voulu se rapprocher encore, suffisamment pour être collé à lui. Un mouvement de ses lèvres, son regard dévia. C'était la faute à ne pas commettre, elle fut prise d'une sombre envie de l'embrasser, purement et simplement. Était-ce si mal ? Ne l'avait-elle pas attendu si longtemps ce moment ? … Ses yeux naviguèrent de la bouche de Cal à ses yeux. Elle était tendu. Avait-elle cessé de respirer ? La jeune femme vit sa main se poser sur sa joue. Elle aurait pu défaillir, elle aurait pu pleurer devant ce moment désiré depuis tant de temps. Le contact, bien que presque timide au début, la détendit instantanément, presque automatiquement. Il semblait que là avait toujours était sa place, près de lui, en contact avec lui. Son regard s'ancra dans le sien. Elle y lut tout ce qu'elle aurait pu espérer y voir. Il sourit. Il lui parla. Elle aurait voulu pleurer. Il était tout et plus encore que ce qu'elle avait espéré et voulu. Il lui disait plus que ce qu'elle aurait pu penser. Il la faisait se sentir importante pour quelqu'un. Il la rendait heureuse. Ils se revoyaient tout juste mais elle se savait heureuse, heureuse d'être là, à ses cotés. Une déclaration comme il en avait le secret, à sa façon. La plus belle pour elle. Il ne lui disait pas ces mots pour la première fois, pas tous et pourtant, à cet instant, elle ne demandait rien d'autre que cela. Elle aurait même pu se contenter de son regard. Elle se savait en harmonie avec elle-même lorsqu'il était là, elle … elle était comme lui, entière avec lui.
La jeune femme était terrifiée de la suite, terrifiée mais aussi impatiente. Ce moment, dans cet librairie était le leur. Un homme et une femme qui se disaient vraiment, pour la première fois, ce qu'ils pensaient depuis si longtemps, qui vivaient enfin ce qu'ils avaient souhaité depuis autant de temps. Elle ne sentait plus rien, ne percevait plus que lui et son mouvement. Elle réagit tout juste. Leurs lèvres se quittaient déjà. La jeune femme ne voulait que reprendre à nouveau celles de l'homme qu'elle aimait. Il n'y avait eu qu'un faible instant, elle avait pourtant la sensation d'avoir été en apnée tout le long de leur rapprochement. Elle entendit Cal, sa respiration, il semblait tout aussi touché. Elle le regarda, elle aurait voulu résister, elle laissa échapper les larmes qu'elle retenait. Elle était si bien, juste là où elle devait être. Elle déplora à l'instant l'inactivité de son bras meurtri, elle aurait voulu se saisir de son visage et juste recommencer. Elle ne dirigea qu'une seule main vers le visage de son ami, elle la passa derrière sa tête.

- Et je ne veux pas que tu changes quoique ce soit.

Un chuchotement, elle répliquait tout juste à ses derniers propos. Non, elle ne voulait pas qu'il change cet état de fait … Sur ces mots, la jeune femme se rapprocha à nouveau de lui et déposa ses lèvres plus longuement sur celles de Cal. Cette sensation n'avait aucune qualification. Elle était juste … c'était juste parfait. Elle relâcha enfin la pression et sourit. Un sourire tel que des larmes se joignirent à cela. Sa main n'avait pas quitté sa nuque. Elle amena son regard à la rencontre du sien.

- Et dire que l'on a attendu d'être là, dans une librairie pour se dire tout cela … J'espère au moins que ton livre vaut son pesant d'or, il est trop tard pour que je me débarrasse de toi maintenant.

Après l'émotion, la taquinerie. Il fallait qu'ils parlent, qu'allaient-ils faire maintenant ? Et comment agir ? Helen avait peur de cela, elle n'avait en fait, jamais été ainsi, irrémédiablement amoureuse. Elle avait peur de faire un faux pas. Il était encore plus simple de repartir sur un sujet moins … brûlant et bancale. Enfin, elle le pensait. Elle appréhendait toujours un peu son futur mais, peut-être que les choses s'établiraient elles-mêmes. Ils avaient chacun de l'ordre à remettre dans leur vie, différentes choses à faire. Le futur se façonnerait peut-être plus facilement qu'elle ne le croyait. Un sourire heureux et un peu bête, peut-être, sur le visage, Helen observa Cal. Elle l'observa comme elle n'avait pu le faire ses dernières années, admirative, fière et, amoureuse.

_______________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Caleb Landsher
Monsieur Parfait
22 janvier 1977 - 14 août 2011
JE SUIS : Masculin J'AI : 29
ENTERRÉ LE : 14/08/2011
PROCHES EN DEUILS : 1478
AVATAR : Henry Cavill


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Mer 23 Mai 2012 - 18:34

{ Bon, allez, je me lance ... Désolé si je fais plus court que j'aurais souhaité. Smile }


Le second baiser, à l'initiative de Len, avait fait retomber la tension. Ça avait été de la bonne tension, celle qui vous fait sautiller sur place et vous empêche de vous calmer, le même genre de tension que celle d'un gosse auquel on annoncerait qu'on allait à un parc d'attractions. Cal s'était abandonné à cette tension joyeuse comme il s'était abandonné au baiser qui l'avait ramené sur Skyline. C'était une atterrissage un peu amer, comme quand une attraction sensationnelle se terminait trop vite, mais l’Écossais avait eu l'impression de planer, dans une autre dimension, ou plus rien n'existait, pas même Len, réduite à une présence chaude et bienveillante qui l'entourait et le calmait. Après cela, le retour à la réalité ne pouvait que, à défaut d'arracher un grognement, provoquer un temps d'arrêt avant de rouvrir les yeux et de reprendre contact, brutalement, avec la réalité.
La réalité de la librairie lui revint avec violence. Pourtant, elle était encore tranquille, et l'employée était tranquillement restée effacée, près de l'entrée, pendant que les deux tourtereaux jouaient leur scène d'amour à l'Américaine, avec la musique pop, les larmes, le ton solennel, l'émotion, et le baiser qui avait tenu en haleine les spectateurs pendant plus de vingt saisons. Ce baiser, en y réfléchissant bien, c'était le baiser que l'univers tout entier attendait depuis un petit moment maintenant. Ils arrivaient au terme d'un cycle riche en drames et en rebondissements. Et maintenant ? Qu'adviendrait-il de nos deux personnages principaux, autrefois comme frère et sœur, pris dans la tourmente de leurs sentiments et amenés, désormais, à nourrir l'embryon déjà bien né de leur couple ? C'était là la véritable question. Tout en retombant, Caleb réalisait qu'en quelques secondes, beaucoup de choses avaient changé. Il se sentait brutalement écrasé sous toutes ces choses. C'était mauvais signe. Il lui fallait penser à autre chose, et Len le sauva en digressant volontairement sur autre chose.
Pendant leur baiser, ses mains avaient glissé dans son dos, et à présent il ne voulait plus la lâcher. Tous deux fuyaient la déferlante d'émotion sans pouvoir s'éloigner, presque fronts joints, les regards plantés d'un dans l'autre. Il ne voulait pas parler de l'après. Il avait brutalement envie de digérer. Il ne voulait plus la quitter, mais il avait besoin de mettre les choses en ordre dans sa tête, et, pour cela, il pouvait parler d'autre chose. Il avait attendu trente ans, la mort et une autre année, pour se retrouver comme un gamin timide, incapable de prendre la main tendue vers lui avec paternalisme et amusement.

    « Mon livre devrait suffire à entretenir une dame n'ayant plus l'usage de ses deux mains. ( Avec douceur et tendresse, il laissa glisser une de ses mains vers le bras qui n'avait pas bougé, montrant qu'il avait observé le handicap. ) J'ai laissé une Helen en parfait état, et je me retrouve avec une Helen toute cassée. Je vais me plaindre et ça va barder. »

Alors qu'il la taquinait sur son bras en retour, il posait dessus une main si douce, la caressait avec tant de naturel et l'observait avec tant d'amour au fond des yeux, qu'à aucun moment elle n'aurait pu penser qu'il puisse être sérieux. En cet instant, elle aurait pu porter un masque réparateur et se déplacer en fauteuil roulant qu'il aurait eu exactement le même regard pour elle. Il avait toujours eu un regard sincère envers elle. Il la voyait avec le cœur, et non avec les yeux, car l'affection qu'il avait eu pour elle depuis toujours, de leurs jeux d'enfants à cet instant, avait toujours transcendé la raison et le physique. Il sourit, gloussa brièvement, et l'aida à se redresser, lentement, lui-même ayant du mal, encore, à réaliser qu'il était toujours le même jour, au même endroit, pour la même chose. Il aurait pu tout laisser tomber, partir et passer la journée avec elle. C'était ce qu'il ferait peut-être, bientôt. Il ne voulait pas trop penser ; pas encore ; il ne le pouvait pas, de toute façon.

    « Et ce bouquin ... L'éditeur l'a présenté comme un roman, alors que c'est un essai. C'est formel, long, réservé à des gens intéressés à la question ... Si tu y tiens, je peux t'offrir un exemplaire dédicacé, parce que j'aurais honte de te faire payer pour ça. »

Finissant sur cette critique très positive de son livre, il tira la langue à Len et cligna de l’œil d'un air mutin. Il ne l'avait toujours pas relâché. Les mains qui avaient aidé la jeune femme à se relever avaient encore glissé derrière ses épaules, et il s'était rapproché, encore une fois, et était resté encore tout près d'elle. Quelle bande d'adolescents ils faisaient ! A jamais, il se souviendrait de ce jour, et il savait déjà qu'il en rirait énormément.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helen Cosovic
† Feelings're intense; Words're rival †
14 janvier 1980 - 20 octobre 2009
JE SUIS : Féminin J'AI : 30
ENTERRÉ LE : 21/07/2011
PROCHES EN DEUILS : 6756
AVATAR : Stana Katic


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Mer 13 Juin 2012 - 15:39

{ j'ai eu une énorme hésitation sur la marche à suivre, j'espère que ça te conviendra :s}


Gauche et bien maladroite. Retour en arrière de quelques saisons, elle avait la sensation de ne plus être cette adulte responsable qui s'était faite une place dans la vie. A la fois gênant et profitable. Si les choses ne pouvaient repartir à zéro, elles pouvaient au moins reprendre une route moins sinueuse, glissante et obscure. Évidence : ils ne pourraient rester ainsi et oublier encore longtemps ce qu'il y avait alentour. Évidence : ils allaient devoir parler, savoir ce qui allait être fait. S'ils avaient pu parler et s'expliquer, surtout faire part de leurs erreurs d'appréciation et commencer à réparer ce qui paraissait irréparable, Helen doutait encore. Elle avait peur de faire une seule erreur, un seul autre faux pas qui briserait ce moment surréaliste, le genre de moments qu'habituellement, elle ne faisait que lire dans un ouvrage à la légèreté désinvolte. C'est à cet instant qu'elle maudit tous ces fameux livres, ces guides, suivis de route, de cuisine ou que savait-elle encore ! Ils disaient en avoir fait pour tout et n'importe quoi mais bien sûr ... et il était où celui qui lui expliquerait « comment se comporter face à la personne qui vous savez être la bonne mais qu'au final, vous n'avez plus véritablement côtoyé depuis des années » hein ? Il était où ? Nul part dans cette librairie en tout cas ! Elle en aurait pourtant bien besoin à l'instant présent. Même en ayant pris la sage décision d'agir en fonction de ses gestes et paroles à lui et de ne surtout pas pousser la conversation trop loin, elle n'était pas rassurée. Pour le coup, elle aurait donné n'importe quoi pour que quelque chose, un déclic se fasse dans un recoin de son cerveau. Elle avait tenté le tout pour le tout et était parti sur tout autre chose. Elle avait besoin de remettre les pièces du puzzle à leur place de les analyser et les cataloguer, il était préférable d'évoquer un autre sujet pour l'instant. Cal' était peut-être lui-même entrain de mettre les choses au clair dans sa tête, ils ne pouvaient que changer de sujet. Toujours proche l'un de l'autre, n'ayant semble-t-il pas réussi à se décoller entièrement, ils parlèrent un peu, plus posément. Helen baissa un instant les yeux lorsqu'il évoqua l'immobilité de son bras, une moue gênée sur le visage, elle le laissa approcher sa main et soupira, elle ne sentait décidément rien, navrant et rageant. Malgré tout amusée par la phrase de Cal', peut-être aussi touchée qu'il ne la voit pas tant différemment avec son handicap qu'avant, elle sourit simplement.

- Merci.

Ce fut tout ce qu'elle parvint ou voulu dire. Ce n'était rien ça, rien comparé à ce que lui avait du vivre. Elle avait encore le souvenir vivace de Cal' chutant sur le sol du centre commercial. Elle se doutait que ce qu'il avait du subir, que la grande guérison avaient du être bien plus difficile qu'autre chose. Au moment où elle le croyait mort, lui se battait pour ne pas partir. Elle n'avait même pas été là. Elle avait été absente lorsqu'il aurait pu avoir besoin de sa présence pour l'épauler. Ses peurs et ses doutes ressurgirent. Si déjà en tant qu'amie elle n'était pas capable d'être présente, que serait-elle en tant que … tout le reste ? A nouveau dans une phase de dépréciation, elle se reprit vite néanmoins et ne voulait pas laisser ses appréhension sur le devant de la scène. Ils avaient déjà assez soufferts de toutes leurs réflexions faussées et des erreurs d'interprétation. Plus jamais ça ! Peut-être que plus tard, une fois qu'ils auraient tous deux bien analysés la situation, elle s'excuserait pour son absence et son manque de recherche. Si elle ne s'était pas apitoyer sur sa perte, elle aurait peut-être pu s'apercevoir que ce qu'on lui avait dit, ce qu'elle avait entendu était faux et que Caleb était toujours à Skyline. Enfin, les choses étaient faites et revenir dessus ne pourrait rien changer. Elle le vit sourire et haussa un sourire interrogateur, à quoi pensait-il ? Il commença à se redresser, il l'aida à faire de même. Un léger retour à la réalité. Ils étaient toujours au même endroit, ils étaient précédemment assis à même le sol de la librairie, le temps n'avait pas tant que cela passé. Ce retour au présent ramena aussi la question de « comment agir ? », une bonne question qui devrait rester en suspend. Dans tous les cas, elle ne pouvait pas rester ici indéfiniment et lui devait faire la promotion de son livre.
Elle prêta attention à ce qui se disait et suivit ses paroles. Elle hocha négativement la tête amusée par ce qui se disait et jouait les exaspérées.

- Mais je ne suis pas d'accord, je suis grande fille responsable et je tiens à acheter mon exemplaire avec la dédicace de l'auteur bien évidemment. Ce livre doit tout de même valoir quelque chose autrement il ne serait pas ici et l'auteur qui se dénigre tant non plus d'ailleurs … Tu crois qu'il accepterait de venir me le dédicacer chez-moi la prochaine fois qu'il passera dans les environs ?

Elle devait partir c'était un fait et ainsi, elle l'invitait à ce qu'ils se revoient, il n'était pas question qu'elle parte comme une voleuse. Bien près de lui, elle n'aurait de toute façon pas pu partir ainsi. Ils faisaient vraiment la paire. Ni l'un ni l'autre ne savait vraiment comment s'y prendre et cela pouvait presque en devenir ridicule. Mais à vrai dire, cela indifférait grandement la jeune femme. Ce qui comptait était juste de l'avoir retrouvé alors qu'elle le croyait perdu à jamais et qu'ils aient pu s'expliquer. Plutôt bonne journée finalement voire très bonne journée !
Helen se détache progressivement de Cal. Elle allait partir, ils se reverraient bientôt, sans doute. Elle devait aussi penser à rentrer, aller lire ces fichus bouquins concernant June. Malgré cela, elle ne détachait pas vraiment son regard de lui. C'était comme s'il allait disparaître à nouveau. Peur infondée, elle le savait bien là. Son rêve éveillée ne prendrait pas fin de si tôt.

- Je vais te laisser à ta promotion. Je vais rentrer.

Elle avait parlé nettement moins fort, peu sûre d'elle. Elle s'était éloignée encore un peu.

- Je … Tu viendras ?

Elle ne voulait que s'assurer qu'ils se reverraient vraiment, peurs infondées. Elle se rapprocha à nouveau et hésita. Elle ne s'était jamais sentie gênée avec lui, elle le connaissait depuis si longtemps mais à l'instant, elle avait tellement peur de faire un faux pas. Finalement, elle s'approcha et déposa un baiser fugace à la commissure de ses lèvres. La jeune femme se retira aussi vite et se recula, un léger sourire sur le visage. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait jamais été aussi contente. Presque, elle se sentait heureuse.

_______________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Caleb Landsher
Monsieur Parfait
22 janvier 1977 - 14 août 2011
JE SUIS : Masculin J'AI : 29
ENTERRÉ LE : 14/08/2011
PROCHES EN DEUILS : 1478
AVATAR : Henry Cavill


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Lun 18 Juin 2012 - 5:58

Caleb avait encore du mal à croire que cet instant était réel. Plus il y pensait, et plus il se rendait compte que le chamboulement était réel, et qu'il n'était ni prêt, ni en condition pour ça. Il ressentait tant de choses, au fond de lui, qu'il était sûr de ne pouvoir dormir cette nuit. Cette explosion, au fond de lui, avait fait remonter tant de choses ! Il se rendait soudain compte combien il avait passé sa vie à attendre, sans se construire comme il l'aurait dû. Il avait une vie à rattraper, handicapée par la blessure, profonde, de cet amour impossible, qui, aujourd'hui, s'exprimait, au grand jour, comme le spectre d'un rêve qui ne s'était jamais complètement évanoui.
Et Helen semblait, elle aussi, un peu perdue. Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas se passer l'un de l'autre ; ils savaient aussi qu'ils devaient prendre un peu de temps pour digérer ce retournement de situation, et qu'ils ne pouvaient faire cela que seuls. Alors, elle partait, en lui laissant une porte entrouverte par laquelle la rejoindre. Il savait qu'elle faisait le meilleur choix, et il ne la retiendrait pas. Ils avaient passé quinze ans au moins à se chercher, ils pourraient attendre quelques jours encore. L’Écossais ne savait combien de temps il lui faudrait. Il avait l'envie soudaine de tout changer dans sa maison. Il sentait que là était la voie qui lui permettrait de réussir cette transition ; il savait aussi que, même en s'y mettant à fond, il mettrait plus d'une semaine, sans un seul mot. Oh ! elle ne lui en voudrait pas. Il appréhendait néanmoins tout ce temps sans elle ; mais s'il y parvenait, il savait qu'il pourrait affronter n'importe quoi.
Alors il lui adressa un sourire, tandis qu'elle se préparait à partir, et lui affirmait qu'il viendrait bientôt la retrouver. Il se laissa embrasser sans ciller, la laissa s'écarter, et la regarda en lui retournant un sourire béat de garçon amoureux. Il pensa la laisser partir sans un autre mot, tout d'abord, mais il finit par se rapprocher doucement, l'attrapant tendrement par la nuque pour lui déposer un autre baiser, après quoi il se glissa à son oreille et lui murmura doucement quelques mots.

    « Quoi qu'il advienne, souviens-toi que c'est toi que j'aime. »

Alors il s'écarta, se recula, et, avec un sourire, lui fit un petit signe d'au revoir ; timide, peu assuré. Il ne voulait pas la voir passer cette porte, mais il savait qu'elle le devait. Alors il continua de reculer, se dirigeant vers l'intérieur en la laissant sur le pas de la porte.

    « Passe une douce journée. Et ne m'attends pas, c'est moi qui te trouverai. »

Concluant par un clin d’œil, il lui laissa toute latitude pour s'en aller, et disparaître, pour le moment, et le laisser, avec ses questions, ses troubles, et ces réponses à trouver en lui.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helen Cosovic
† Feelings're intense; Words're rival †
14 janvier 1980 - 20 octobre 2009
JE SUIS : Féminin J'AI : 30
ENTERRÉ LE : 21/07/2011
PROCHES EN DEUILS : 6756
AVATAR : Stana Katic


† AVIS DE DÉCÈS †
RAISON DU DÉCÈS:
AVANT LA MORT:
APRÈS LA MORT:

MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   Dim 8 Juil 2012 - 7:01



La voilà rassurée. Trop peu sûre d'elle, elle avait hésité et hésitait encore. Mais, semblait-il, sa décision était la bonne. Ils avaient sans doute besoin d'espace et d'un peu de temps. Si les choses se réalisaient comme ils l'avaient espéré souvent, se rendre compte que l'espoir était devenu une réalité allait mettre quelques jours à véritablement s'inscrire dans leur esprit. Et puis, leur vie ne pouvait pas se retrouver chamboulée ainsi, ils ne pouvaient pas changer leurs impératifs face à cet événement aussi grand soit-il. Ce changement était à inscrire dans leur quotidien et ne devait pas bousculer leur vie, les forçant à abandonner ce qu'ils pouvaient prévoir. Pour ce qui était d'Helen, vraisemblablement, elle devait s'occuper de son amie et trop penser à ce qui venait de se passer lors de moments avec June ne serait pas pour lui rendre service, pas pour l'instant. Dans son être, son coeur faisait la danse de la joie, un mélange complexe de bonheur et d'étonnement mais extérieurement, de tels débordements ne seraient que peu idéaux. Bien évidemment, une fois chez elle, affalée comme il se doit dans son canapé ou dans son lit, elle y penserait, un sourire béat sur le visage mais au dehors, lorsqu'elle vivait et côtoyait certains gens du Skyline, la jeune femme tenterait de garder une « poker face » même si son regard la trahirait sans doute.
Alors, tandis qu'il acquiesçait à sa question, promettant d'une certaine façon qu'il viendrait, un jour prochain, Helen se permit un sourire conquis. Il avait ravis son coeur et pourtant, elle avait à chaque seconde l'impression qu'elle tombait un peu plus dans les dédales colorés de l'amour. La jeune femme était tout bonnement irrécupérable ! Sur cette pensée, elle commença à partir avant de voir Caleb s'approcher à nouveau. Elle n'esquissa plus aucun geste et frissonna en sentant le contact établi. Les joues plus rouges qu'à l'accoutumée, presque timide, Len ne trouva rien à répondre à cette phrase qui lui semblait l'une des plus belles choses à l'instant. Elle ne se sentait même pas la capacité de lui répondre. A vrai dire, sa difficulté à exprimer haut et fort ses sentiments jouait de nouveau. Elle lui sourit juste, un sourire heureux. Elle le regarda juste, comme la femme amoureuse qu'elle était.
Une réaction enfin, après quelques secondes qui lui parurent une éternité. Elle recula un peu, observant qu'il faisait de même. Ils s'éloignaient progressivement. Ce qu'ils pouvaient offrir une scène d'amoureux gauches et maladroits. Ils savaient tout juste où poser le pied. La jeune femme le regarda faire encore quelques pas en arrière avant de se mordre la lèvre pour éviter de parler, de rajouter quelque chose à ce qu'il venait de dire. Elle acquiesça juste en souriant gentiment. Bien sûr, elle lui laissait tout le temps qu'il voulait. Autant de temps qu'il le faudrait du moment qu'il reparaissait un jour, dans pas trop longtemps, elle l'espérait.
Enfin, après un soupir à fendre l'âme. Elle se retourna. Et dire que quelques heures plus tôt ou plus tard dans cette librairie, il ne se serait rien passé. Ils seraient restés sur ce qu'ils prenaient pour acquis. Cet essai avait eu le mérite de leur permettre de converser et mettre les choses au clair. S'il avait conduit au drame, il avait aussi conduit au meilleur, à un futur qui s'ouvrait. Sûre de ce futur qui se ferait meilleur, Helen parcourut la distance qui la séparait du trottoir opposé sans se retourner. Elle rentrait chez elle. Ils se reverraient bientôt.




TERMINE ET VERROUILLE

_______________
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }   

Revenir en haut Aller en bas
 

When an essay leads to drama. { Caleb / Helen }

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: † CLOUD STREET :: † BOOKS PARADISE-
TOP PARTENARIAT

Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit